À Buluwayo, deuxième grande ville du Zimbabwe, tous les diacres rendent des visites aux gens de la rue ainsi que dans leurs foyers. Chaque diacre est attribué une paroisse où il fait, avec des bénévoles, ces visites. Cela signifie: informer les voisins au sujet des personnes dans leur quartier qui sont en train de mourir. Des voisins qui, eux, n'ont rien du tout. Et pourtant, une aide doit être accordée. Et ils le font, autant qu'ils peuvent. Il n'y a pas de nourriture, pas de pain, pas d'eau courante, il y a des pannes d'électricité durant plusieurs heures. Tout cela dans une ville en Afrique, dans la chaleur, la poussière et la saleté.
J'ai rencontré Francesco. Il est diacre dans un hôpital psychiatrique avec des centaines de personnes qui souffrent de délires, de dépressions, d'angoisses. Il y a des handicapés mentaux, des gens avec le syndrome de Down, des gens souffrant d'un cerveau endommagé, et Dieu sait quoi de plus triste. Toutes ces personnes sont logées dans de grands pavillons qui jadis appartenaient aux Anglais. Il n'y a pas de classement par catégorie de maladie, mais seulement par hommes, femmes et enfants. C'est une situation incroyable. Il n'y a presque pas de médecins, de thérapeutes, d'infirmières, des médicaments. Ils n'ont qu'un seul repas par jour, sans viande, sans lait ou protéines. Mais ils ont Francesco. Il chante avec les enfants, les femmes, les hommes. Nous rendons visite à un prélat du diocèse qui secrètement avait consulté un médecin-sorcier. Il était littéralement devenu fou.
Francesco donne la communion. Les malades reçoivent en grande dévotion le seul médicament encore disponible ... l'amour de Dieu.
J'ai visité un diacre dans un township sud-africain... un bidonville. Par rapport à cela, le fameux Soweto semble un paradis. Le prêtre et les diacres me parlent du Corpus Christi. "Autrefois, ce fut une grande fête. L'ensemble du quartier, qu'ils soient catholiques, protestants, musulmans ou professant une croyance africaine, tous participèrent à la procession, en dansant et en chantant ses chansons à leur tour. Ils marchèrent dans les rues pleines de boue rouge portant l'Eucharistie. Aujourd'hui, les prêtres sont priés d'entrer dans les maisons pour bénir les malades, un par un. En fait, maintenant nous ne chantons que le Kyrie... Seigneur aide-nous, aie pitié de nous."
Le père Martin Schupp, évêque de Bulawayo, et l'évêque Philipp Pölitzer de Keetmanshoop en Namibie expriment leurs inquiétudes concernant les diacres. "Arrivent-ils a se débrouiller? Leur éducation est-elle suffisante? Comment peut-on leur donner des formations supplémentaires? Comment leur préparer, mentalement aussi bien que religieusement? Qu'est-ce que signifient tous les efforts qu'ils donnent, pour leur famille?"
Comment peut-on réaliser tout cela dans un pays comme la Namibie où les diacres vivent et travaillent à une distance de six cents à mille kilomètres ou plus d'un centre d'éducation? En outre, les futurs diacres ne sont pas des séminaristes qu'on peut envoyer à un séminaire. Ce sont des hommes ordinaires, avec une famille et une profession. Pourtant, ils ont besoin d'un enseignement à plein temps dans la théologie, ce qui dure près de cinq ans.
Comment peut-on enseigner et former des diacres si l'on n'a pas de livres, pas d'ordinateurs, pas d'enseignants, pas d'argent? En plus, les diacres de Durban ont besoin d'être formés en comment conseiller, comment parler avec les malades et les mourants et leurs familles. Le père Schupp sait qu'il y a toutes sortes de formations pour les travailleurs sociaux à Bulawayo, mais le diocèse ne peut pas se le permettre, alors que les diacres passent encore plus de temps loin de leur famille et de leur vie quotidienne professionnelle. Ils ont tous leur travail dans l'usine, dans leur entreprise ou, comme c'est le cas au Zimbabwe, ils ont le soin quotidien pour trouver de la nourriture et des revenus. "On devrait peut-être, tous les deux ans, donner un certain nombre de diacres la chance de suivre des cours." Le centre que je préside, est prêt à aider.
Le dernier jour de notre réunion d'étude, un groupe de jeunes garçons et filles de Durban vient chanter. Une fille de seize ans s'avance. Le père, assis à côté de moi murmure que, après avoir perdu sa mère, elle a récemment perdu son père. Elle chante à voix élevée: "Don't give up, don't give up!" (N'abondonnez pas). Ceci est la foi de l'Afrique.
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