Les Très Riches Heures, ca. 1400
L'archange Gabriel (détail)
J'étais impressionée par

- la réunion des délégués du CID, provenant de différents continents et cultures: un échange d'expériences fort intéressant.
- les extrêmes immenses dans la société sud-africaine: un tiers de la population détient 80% des revenus, 50% possède 3% des revenus. Une situation d'injustice.
- le musée d'apartheid: comment 10% (d'hommes blancs) a pu créer et maintenir un système sérieux de discrimination de 80% (de noirs) et 10% (de gens colorés) pendant des décennies.
- l'effet du VIH/SIDA sur la société: 35-40% de la population en Afrique du Sud sont infectés. Dans certaines régions 80% dans la tranche d'âge 15-40.
- l'immense soutien que les religieuses, les frères, les diacres, les prêtres ont donné et donnent encore à l'éducation et les soins de santé de la population (en particulier au peuple noir au cours du système d'apartheid).
- le soutien et les soins pour les orphelins, donnés par de braves femmes bénévoles, cinq jours par semaine, afin de permettre à leurs frères et sœurs d'aller à l'école.
- la résistance du peuple: "Ne jamais abandonner" chantait le groupe de jeunes pendant notre dernière soirée à Marianhill.
- l'Eucharistie, dans la commune de Soweto, le dimanche: annoncer l'Évangile avec la joie, la couleur, le chant et la danse.
- la beauté de la nature de l'Afrique du Sud, le massif des montagnes de Drakensbergen, les fleurs et les arbres, les singes dans le jardin.

C'était un séjour très enrichissant, impressionnant, à ne jamais oublier...
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Il était huit heures du soir. Johnny demanda à son ami s'il pouvait lui prêter son rasoir, parce qu'il voulait se raser les cheveux de la tête. "Quelqu'un est décédé?" demanda son collègue pasteur, le diacre Anton. "Je sens que quelque chose de grave va se produire," dit Johnny. À onze heures, le téléphone sonne. Le fils de Johnny vient de mourir à l'age de 22 ans, suite d'une crise d'asthme.

Ceci se passa à Durban, au cours d'un séminaire pour les diacres de l'Afrique australe. Trois fois, j'ai eu l'occasion de visiter l'Afrique et ses diacres. L'Afrique est un continent plein de mystère, avec un soleil qui tourne dans l'autre sens, des ancêtres qui annoncent la mort, une église surpeuplée où les jeunes dansent et chantent de la résurrection, un nombre infini de morts, des dictateurs laissant mourir de faim leur propre peuple, des sœurs travaillant avec un amour inconditionnel, des bénévoles qui continuent à travailler avec une espérance au-delà des mots.

J'ai visité des diacres de la Namibie, du Botswana, du Zimbabwe et de l'Afrique du Sud. Des hommes, des pères de famille qui, comme partout ailleurs dans le monde, ont entendu la voix qui les appelle à l'église, pour faire ce travail. En Afrique, cela signifie la lutte contre la pauvreté, contre les vestiges de l'apartheid, contre la dictature de Mugabe et, plus spécifiquement, la lutte contre la mort toujours présente.

Je me souviens surtout des centres où des jeunes femmes souffrant du CIDA, extrêmement fatiguées, continuaient à enfiler des perles, faisant de beaux bijoux pour les touristes. C'est un moyen de gagner de l'argent. Avec d'autres participants au séminaire, j'ai visité des centres d'accueil où l'on offre un abris aux jeunes enfants qui ont perdu leurs parents. Nous avons rencontré des grand-mères qui s'occupent, à base quotidienne, de leurs petits-enfants désormais orphelins. Nous avons rencontré des sœurs, des religieuses, parfois très jeunes, parfois très vieilles, qui préparent de la nourriture pour les malades, 400 repas préparés sur un simple poêle, s'occupant des personnes âgées et des enfants, gérant des écoles et des hôpitaux.



Rapport sur une visite aux pays de l'Afrique du Sud - avril 2008
par Rob Mascini, diacre du diocèse de Haarlem-Amsterdam, Pays-Bas
(ancien) Président du Centre International du Diaconat (CID)
À Buluwayo, deuxième grande ville du Zimbabwe, tous les diacres rendent des visites aux gens de la rue ainsi que dans leurs foyers. Chaque diacre est attribué une paroisse où il fait, avec des bénévoles, ces visites. Cela signifie: informer les voisins au sujet des personnes dans leur quartier qui sont en train de mourir. Des voisins qui, eux, n'ont rien du tout. Et pourtant, une aide doit être accordée. Et ils le font, autant qu'ils peuvent. Il n'y a pas de nourriture, pas de pain, pas d'eau courante, il y a des pannes d'électricité durant plusieurs heures. Tout cela dans une ville en Afrique, dans la chaleur, la poussière et la saleté.
J'ai rencontré Francesco. Il est diacre dans un hôpital psychiatrique avec des centaines de personnes qui souffrent de délires, de dépressions, d'angoisses. Il y a des handicapés mentaux, des gens avec le syndrome de Down, des gens souffrant d'un cerveau endommagé, et Dieu sait quoi de plus triste. Toutes ces personnes sont logées dans de grands pavillons qui jadis appartenaient aux Anglais. Il n'y a pas de classement par catégorie de maladie, mais seulement par hommes, femmes et enfants. C'est une situation incroyable. Il n'y a presque pas de médecins, de thérapeutes, d'infirmières, des médicaments. Ils n'ont qu'un seul repas par jour, sans viande, sans lait ou protéines. Mais ils ont Francesco. Il chante avec les enfants, les femmes, les hommes. Nous rendons visite à un prélat du  diocèse qui secrètement avait consulté un médecin-sorcier. Il était littéralement devenu fou.
Francesco donne la communion. Les malades reçoivent en grande dévotion le seul médicament encore disponible ... l'amour de Dieu.

J'ai visité un diacre dans un township sud-africain... un bidonville. Par rapport à cela, le fameux Soweto semble un paradis. Le prêtre et les diacres me parlent du Corpus Christi. "Autrefois, ce fut une grande fête. L'ensemble du quartier, qu'ils soient catholiques, protestants, musulmans ou professant une croyance africaine, tous participèrent à la procession, en dansant et en chantant ses chansons à leur tour. Ils marchèrent dans les rues pleines de boue rouge portant l'Eucharistie. Aujourd'hui, les prêtres sont priés d'entrer dans les maisons pour bénir les malades, un par un. En fait, maintenant nous ne chantons que le Kyrie... Seigneur aide-nous, aie pitié de nous."

Le père Martin Schupp, évêque de Bulawayo, et l'évêque Philipp Pölitzer de Keetmanshoop en Namibie expriment leurs inquiétudes concernant les diacres. "Arrivent-ils a se débrouiller? Leur éducation est-elle suffisante? Comment peut-on leur donner des formations supplémentaires? Comment leur préparer, mentalement aussi bien que religieusement? Qu'est-ce que signifient tous les efforts qu'ils donnent, pour leur famille?"
Comment peut-on réaliser tout cela dans un pays comme la Namibie où les diacres vivent et travaillent à une distance de six cents à mille kilomètres ou plus d'un centre d'éducation? En outre, les futurs diacres ne sont pas des séminaristes qu'on peut envoyer à un séminaire. Ce sont des hommes ordinaires, avec une famille et une profession. Pourtant, ils ont besoin d'un enseignement à plein temps dans la théologie, ce qui dure près de cinq ans.
Comment peut-on enseigner et former des diacres si l'on n'a pas de livres, pas d'ordinateurs, pas d'enseignants, pas d'argent? En plus, les diacres de Durban ont besoin d'être formés en comment conseiller, comment parler avec les malades et les mourants et leurs familles. Le père Schupp sait qu'il y a toutes sortes de formations pour les travailleurs sociaux à Bulawayo, mais le diocèse ne peut pas se le permettre, alors que les diacres passent encore plus de temps loin de leur famille et de leur vie quotidienne professionnelle. Ils ont tous leur travail dans l'usine, dans leur entreprise ou, comme c'est le cas au Zimbabwe, ils ont le soin quotidien pour trouver de la nourriture et des revenus. "On devrait peut-être, tous les deux ans, donner un certain nombre de diacres la chance de suivre des cours." Le centre que je préside, est prêt à aider.

Le dernier jour de notre réunion d'étude, un groupe de jeunes garçons et filles de Durban vient chanter. Une fille de seize ans s'avance. Le père, assis à côté de moi murmure que, après avoir perdu sa mère, elle a récemment perdu son père. Elle chante à voix élevée: "Don't give up, don't give up!" (N'abondonnez pas). Ceci est la foi de l'Afrique.
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Le diacre Kleopas et son épouse dans leur hospice pour des patients HIV/SIDA
à Bulawayo
Rob Mascini enseigne
en Namibie
Rencontre du Centre International du Diaconat (CID)
à Johannesburg, Afrique du Sud
du 9 au 15 avril 2008

Comentarios en español: Informativo No. 19 del CIDAL

The International Diaconate Centre (IDC) invited representatives from Zimbabwe to participate at the international conference held in Johannesburg from 9th to 15th April 2008. Since the Archdiocese of Bulawayo has the only diaconate body in Zimbabwe, the representatives were subsequently chosen as follows:

Father Martin Schupp CMM - Apostolic Administrator of the Diocese
Deacon Gregory Garnie - Chairman of the Council of Deacons
Deacon Justice Ncube - Secretary & Assistant Director of formation
Deacon Charles Dube - Vice Secretary

The introductory meeting took place at Koinonia House. The following day, Thursday, 10th April consisted of a full day of country reports and group discussions by region. The Africa group discussed the need to build a regional network to overcome the current isolated existence of the diaconate in Southern Africa. It was agreed to form a subcommittee of the IDC in a similar manner to the CIDAL initiative. The new formation has been termed the International Diaconate Center for the Southern Africa Region (IDCSAR).

IDCSAR Board:
President - Bishop Philipp Pölitzer of Namibia
Coordinating Secretary - Deacon Greg Garnie of Zimbabwe (South Africa)
Member - Deacon Tony de Freitas of South Africa
Member - Deacon Charles Dube of Zimbabwe
It was agreed that other members would be co-opted from Botswana and Namibia as these were not present at the conference.

On Friday, 11th April, the delegates attended a presentation at St. Augustine College. The first topic covered the socio-economic and socio-political climate in post apartheid South Africa, whilst the second topic dealt with the social, moral and religious impact of HIV/AIDS in South Africa. The delegates then adjourned for group discussions on the topics presented.

At the same time an extraordinary meeting took place during which the concept of a regional formation center for permanent deacons was proposed. After general discussions on the merits of this proposal
a general agreement was reached that, in principle, this was the way forward for the diaconate in Africa. Professor Dr. Edith Raidt requested a letter from the IDCSAR outlining the concept, the proposal and the overall vision for such an initiative.

After lunch a meeting took place between Father Kees Keijsper, Deacon Greg Garnie and Deacon
Rob Mascini on the needs of the diaconate in Zimbabwe. Deacon Garnie presented a project paper to Father Keijsper for the sourcing of literature and audio visual material to assist deacons in their on-going formation and to build up their own personal reference libraries. The request was positively received and we await further feedback. If successful, all twenty-eight deacons incardinated in the Archdiocese of Bulawayo should receive several resource books.  

An informal meeting was held between the Latin American, Spanish and Zimbabwean deacons in the evening of that same day. It was agreed that a South South cooperation be instituted whereby the deacons from Southern Africa would contribute articles to the CIDAL newsletter which is circulated twice per month. The Latin American and Spanish deacons are very keen to hear about the realities of the life and ministry of individual deacons and not hypothetical what-ifs.

On Saturday, 12th April, the delegation went on a tour to Regina Mundi Church in Soweto. We were also taken to see various historical sights in the same township including the memorial in honour of the late Hector Petersen. Thereafter, we were taken to the Apartheid Museum. A most disturbing, yet insightful experience which had a profound effect on the delegation.

On Sunday, 13th April, the delegates attended Holy Mass at St. Francis Church in Soweto. The community also prepared tea and eats after the Mass on the occasion of our visit to their parish. Thereafter, we traveled to Mariannhill Mission, near Durban.


Zimbabwe: rencontre de diacres et leurs épouses.
On Monday, 14th April, we met with Cardinal Wilfred Napier in Durban. The Cardinal was particularly keen to learn about the formation of the IDCSAR and the prospect of a center for the formation of permanent deacons at St. Augustine College.
The delegation met with the deacons of Durban Diocese to hear the experiences of these deacons
and to share information on the initiatives launched during the conference. The deacons were very appreciative of the efforts underway and pledged their support for these initiatives.

On Tuesday, 15th April, the delegates went to the Community Outreach Center at the hospital in the vicinity. A presentation was given, by the project manager, on the mission and work of the center. We were then taken on a tour to two Drop-in Centers which are a new concept in home-based care and are in fact an extension of the care given to terminally ill people in the area. The Drop-in Center is basically a day care center for orphans, who come from child-headed families.
In the afternoon, we toured the Mariannhill Monastery, founded by Abbot Francis Pfanner, where we were given the historical background of the development of the religious community.

On Wednesday, 16th April, most of the delegation traveled back to Koinonia House in Johannesburg, from where the delegates departed either that same day or the following day.

The delegation from Zimbabwe would like to thank most sincerely, the organizers and sponsors of this conference. Some of our members have attended previous conferences, Deacon Charles Dube, Germany in 2004 and Deacon Justice Ncube, Argentina in 2007, which has promoted continuity from one conference to another. During the conference a number of initiatives were proffered some of which originated in Germany in 2004 or in Argentina in 2007. It is hoped that both new and old initiatives will be taken up and pursued by the newly created IDCSAR board. A special vote of thanks goes to
Fr. Christoph Eisentraut, Fr. Kees Keijsper, Deacon Rob Mascini and the Auxiliary Bishop of the Diocese of Rottenburg for their support.
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Le Cardinal Wilfred Napier, de Durban.

Rapport de la délégation du Zimbabwe
par le diacre Gregory Garnie, de l'Archidiocèse de Bulawayo, Zimbabwe
Le diacre
Gregorie (Greg) Garnie
Greg est le Directeur d'une usine de 400 employés. C'est une des rares entreprises encore en fonction au Zimbabwe. Beaucoup de ses employés doivent marcher 15 à 20 km chaque jour, matin et soir, pour arriver à l'usine. Une des raisons pour venir travailler est qu'ils reçoivent chaque jour un repas chaud. Le seul salaire que Greg peut se permettre de leur donner est un sac de riz chaque mois. 80% de la population du Zimbabwe se trouve sans emploi.
En Namibie:
Mgr. Liborius Nashenda
en discussion avec
le diacre Rob Mascini.
Roosendaal Group (RG)
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Impressions d'une visite par le CID à l'Afrique du Sud
par Nelleke Wijngaards Serrarens, Pays-Bas
 
 
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